Six jours

the-last-man-on-earth
On t’a donné six jours, qu’as-tu refait du monde ?
Le congé n’a payé, ni rémission, ni fronde.
Il faudrait reposer, en paix de toute conscience,
Ces conflits au long cours, font vœu de ton silence.

On t’a fait naître ancien, d’une illusion féconde,
Que ton siècle irait loin, porté de bras en ondes.
Demain s’éveille trop tard, il te bannit d’avance
Du courant de l’histoire, sans même une deuxième chance.

On t’annonce en présage, toi qui navigue à vue :
A tirer sur la corde, elle décroche un pendu.
Vois comment tu sabordes l’élan d’une rédemption,
Par un fâcheux dosage en basse médication.

On t’accorde une semaine, tu veux perpétuité.
Pour solde de tout compte, moins quelques annuités…
Quand point le jour septième, te pressant d’accomplir
Bien plus qu’un homme escompte, soudain voudrais-tu fuir ?

On t’a donné six jours, qu’as-tu refait du monde ?
Le courage est attendre qu’en ton sens il abonde.
La folie en retour, c’est d’y croire une seconde.