L’absence au demeurant

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Encore une fois je sors dernier.
Déjà nous n’étions pas nombreux,
Sept occupants disséminés,
Trois couples et une moitié de deux.

Bientôt la fin du générique,
Sur fond de Jean-Sébastien Bach.
Rien ne me presse vers le portique,
J’attends qu’arrive le noir opaque.

Le hall affiche un plan désert,
Sans doute est-ce la durée du film,
Bien long pour un documentaire,
Nul autre sortant à la file.

Alors je remonte le couloir,
Afin d’accéder aux toilettes.
Sur l’écran cintré du miroir,
M’amuse à trouver un squelette.

L’idée me vient donc à l’esprit,
Qu’à tarder dix minutes encore,
Jusqu’à en dépasser minuit,
Ici je pourrais faire le mort.

Pour le seul employé restant,
De spectateurs la salle est vide.
Je suis l’absence au demeurant,
Par l’occasion rendu avide.

Puisqu’on me laisse errer, fantôme,
Je prends le temps d’être oublié.
Comme un clochard fait son royaume
D’une paire de cartons empilés…

Ceux qui m’attendent encore dehors,
Mendiants d’un soir, ou proches inquiets,
M’accorderont la métaphore,
L’illusion, belle, d’une échappée.

C.H.R.

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Rendez-vous m’est fixé, deuxième étage – aile gauche.
Métro, puis marche pressée ; pour un peu l’on me fauche
En ma fleur passée d’âge, d’un seul coup balayée,
Sans savoir quel dommage, le scanner eût livré.

S’offrent à moi plusieurs portes, aux verrous incertains,
Mais le plan me conforte, l’arrivée n’est plus loin.
Pour autant je dérive, impuissant à frayer
Le chemin d’une esquive, à cet acte manqué.

Hôpitaux et cliniques font succession d’accueils.
J’en contiens ma supplique, avoisinant leur seuil.
On m’aiguille de travers, moi qui perd souvent nord…
De virages en revers, qui peut m’attendre encore ?

Près d’une heure a passé, je cavale pour l’honneur.
Un semblant d’inachevé, a pitié de mon cœur.
Au fond du labyrinthe, j’entrevois les urgences,
Reconnais mon empreinte, tout n’est que résurgence…

Viendrais-je sceller mon sort au ciment d’Hippocrate,
Comme en dernier ressors, le peuple à l’autocrate… ?
Que cette allée au moins me dise enfin son nom
S’il faut craquer soudain, où dois-je toucher le fond ?

L’alentour devient ville, j’en éprouve le tracé.
Les soignants y défilent, ordonnant soignés.
Ne lui manque qu’une église, des commerces, un café.
Au fronton sa devise, « nul n’est jamais parfait ».

Persévérant, j’accède au point d’entrée voulu.
Mais comme on brandit, tiède, le flambeau du vaincu…
Rendez-vous ajourné, deuxième étage – aile gauche.
Par déni ou délai, se soustraire à la fauche.

Six jours

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On t’a donné six jours, qu’as-tu refait du monde ?
Le congé n’a payé, ni rémission, ni fronde.
Il faudrait reposer, en paix de toute conscience,
Ces conflits au long cours, font vœu de ton silence.

On t’a fait naître ancien, d’une illusion féconde,
Que ton siècle irait loin, porté de bras en ondes.
Demain s’éveille trop tard, il te bannit d’avance
Du courant de l’histoire, sans même une deuxième chance.

On t’annonce en présage, toi qui navigue à vue :
A tirer sur la corde, elle décroche un pendu.
Vois comment tu sabordes l’élan d’une rédemption,
Par un fâcheux dosage en basse médication.

On t’accorde une semaine, tu veux perpétuité.
Pour solde de tout compte, moins quelques annuités…
Quand point le jour septième, te pressant d’accomplir
Bien plus qu’un homme escompte, soudain voudrais-tu fuir ?

On t’a donné six jours, qu’as-tu refait du monde ?
Le courage est attendre qu’en ton sens il abonde.
La folie en retour, c’est d’y croire une seconde.

Savoir-vide.

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Un jeune homme titubant, accroche une table en coin.
Les verres tournent au débris, le sol prend bière et vin.
S’il quelqu’un doit payer le coup du mauvais sort,
Est-ce au bar d’éponger l’inadvertance des corps ?

Qui pourrait faire un drame du désordre éthylique…
Le touriste et sa femme se veulent diplomatiques,
Mais le fautif ne verse aucun acompte liquide,
Et du savoir, le « vivre », tombe au profit du « vide ».

L’incident bientôt clos, devrait n’avoir de sens
Que pour une anecdote _du déjà-vu en soi.
S’il pointe, à peine éclos, un brin de décadence
L’instant d’après l’emporte, et rare qui l’aperçoit.

De jeunesse ou d’âge mûr, peu distinguent en effet,
Quand leur désinvolture confine à l’irrespect.
Avoir l’aisance sociale, manier le verbe leste.
N’est jamais si crucial que l’élégance du geste.

 

#1

Now this is what they get,
This is what this city gets.

Something warm and cosy for the winter.
Maybe if it wasn’t so windy and rainy,
They’d look for a greater reason to drink, gather, and cling onto music.
Some even make love and babies on that kind of record…
Such a pretty convenient fitted music.
Some even praise that kind of local celebrity,
Musician, comedian, TV presenter…
Just because they broke national.

This is the worst hype a city can get.
And that’s the one they accept.

But when you think they could have gotten you,
Don’t you feel any little shame sometimes ?
Not for your self-indulgence,
But the fact you let down a whole city,
To end up another gloomy outsider,
Gone for the wild, and the barfly stories.

You let down the devouts,
Cause you thought you know it all better.
And now you know it all alone, mostly.

It’s a shame indeed,
Not the shame of one who’s vain or pathetic,
Who’s flying higher than his wings.
It’s a shame not to be a prophet,
Some corner prophet at least,
When you’re bound to become one.

It’s a shame not to succeed,
When you know someone must and will in the end.
Don’t let the cool bastard run the game,
Don’t let the bad guy take the shy dreamy girl,
Don’t ever let « nice » be mistaken for « great ».
Don’t let the ones who could believe,
Be satisfied with passivity.

DON’T LET THE CROWD GO WITH THE CROWD.