« Merci d’être vivant. »

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Ne rien faire en particulier,
Autre que d’en faire trop.
Pourquoi devrais-je esprit relier
À ce jour en fardeau ?

Sachons plutôt ne rien changer
Qui s’offre à l’inertie.
On encourt un plus grand danger
À céder au sursis.

N’attendre aucun présent du ciel
Ou promesse en repos.
M’éclaire, aussi providentiel,
Un gratifiant propos :

Simple « merci d’être vivant »,
Surprends-je à mon égard.
Hommage inescompté, souvent,
Ne tient qu’au gré d’un soir.

Et s’il faut trouver récompense,
Ou d’un répit, bienfait,
Me savoir utile évidence,
A bien meilleur effet.

N’avertir au calendrier
Qu’être fidèle à soi.
Tiens-je au rappel à l’encrier
Qu’un temps j’eus prime espoir ?

Au prix d’un long soupir adulte,
Ai-je à répliquer « non ».
À d’autres, bonheur et son culte :
Enfant, m’astreint ton nom.

S’il me faut trouver réjouissance,
Un pas plus loin suffit.
N’éprouvez dans ma réticence
Aucun blâme ou défi.

Combien verraient mieux s’en passer,
Ont fausse exaltation.
Prenant sur eux de ne froisser
Chez d’aucuns, tradition ?

Combien s’abîment au point d’ancrage
Où l’ordre s’établit.
Eux n’ont que solitude et rage,
À battre en ce repli.

Ne rien faire en particulier,
Si blanchir un tableau,
Seul en cette occasion dédiée
Vaut à demain sanglot.

N’attendre aucun présent du ciel,
Et plus que tout repos,
Doux mot résonne existentiel
À qui tend son chapeau.

« Merci d’être vivant »,
Comprends-je à ce regard.
Hommage étreint souvent
De vibrer un peu tard.

(Tableau : Edvard Munch – « Eye in eye »)

(Être) une page sans fin

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Tu voudrais que cette page en vienne à tourner seule…
Et tienne au vent léger d’apprêter son linceul.
À peine un courant d’air, aussitôt le rabat,
_ Quand c’était juste hier, du pli sur nos ébats.

Tu voudrais que dette passe, au premier chant du deuil.
Empreintes à effacer : mieux, retourner la feuille.
On priera de se taire, implorant, l’au-delà,
Or chemin reste à faire : comment survînt le glas ?

Mémoire insiste, où vision cesse.
Aucun repos n’éteint la cendre.
Émoi résiste au train qui presse,
Un dernier mot, lettre aux cassandres.

Il te siérait de n’être otage ainsi d’un autre cœur ;
Et flottant, ce feuillet d’histoire essuie rancœur.
À redonner sa chair au flambeau ceint d’éclats,
Atteint-il être cher, où lui ne saignait pas ?

Feindrais-tu que cette page oscille en ta main seule,
Et vienne à ton regret d’en arracher le seuil…
Aimé.e, crois-tu défaire en parenté deux âmes ?
Apprends qu’un jet de terre n’a su courber la flamme.

(Tableau : Edward Hopper – « Compartiment C, Voiture 293 »)

 

Les gens me préfèrent en perdant.

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Au fond j’ai souvent fréquenté ces gens
Qui dans la vie me préféraient perdant.
Soit qu’on ne voulait me promettre à mieux,
Ou qu’on me vît peut-être égal en cieux.

Et j’échouerais d’autant plus à ma gloire,
En prenant goût d’ainsi leur en vouloir.
À ces yeux qui d’un clin vous reconnaissent,
On tait que notre ambition si tôt baisse.

Alors en devient tel un poids gênant,
Ce faire aveu d’insuccès dominant ;
Sinon le fruit d’un élan réciproque,
Autant se dire à bien mauvaise époque.

Il n’est pourtant la moindre indignité
À fuir au chant de sa pérennité.
Entretiendrais-je un fond de complaisance,
On m’ancre à ce sillon depuis naissance.

En coin, j’ai d’abord attiré ceux-là,
Qui de mes illusions prônaient le glas.
M’identifiant comme un voisin d’échec,
Ou pressentant mon futur intrinsèque.

Et j’aurais beau déplaire aux préjugés,
Croire un augure exempt de messagers,
Si d’aucuns me projettent à fins réduites,
Ai-je autre instinct que loin d’eux trouver fuite ?

En soi je n’ai reconnu mon pendant,
Qu’en ces regards où j’avançais perdant.
Et m’en tiendrais seul attitré coupable,
Aurait-on su m’épargner tant de fables…

Une est tenace à croire honorifique,
Un statut d’infortuné « magnifique ».
En l’idéal on voudrait son bonheur,
Aime à vrai dire en lui ce ton mineur.

Et l’âge imprègne une authenticité
Creusant l’épreuve à terme en société.
Déjà que n’est plus temps d’une autre chance,
Aigrit de n’avoir eu première audience.

Au plus on bat contre emprise extérieure,
Et moins nous promet-elle à vie meilleure.
En équilibre on tient d’être à ce pas :
Ni résister, ni suivre, acter son cas.

Irais-je en tort à fréquenter ces gens,
Qui volontiers me préfèrent en perdant ?
Le choix s’impose, au demeurant succinct :
Trahison de nos proches ou d’un dessein.

Tableau (détail) : Edward Hopper – « Nighthawks »

Au masculin de « muse »

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Le sujet prend racine, aimable digression ;
Peut-être y vois-je un signe, ou dérision m’amuse
À pointer que n’existe en courante expression
_ Dite à présent sexiste, un masculin de « muse ».

Est-ce en l’état réduire au strict féminin
Le propre d’influer sur une œuvre, un esprit,
Et ce que dame inspire en sève ou don divin,
Comme un talent muet, chez l’homme on n’a inscrit ?

Abandonner ce terme, en désigner un neuf ?
Au moins qu’on ne l’enferme à demeure en cliché.
L’abréger de son « e » produirait un mot veuf,
Assonant peu gracieux, d’être en mâle affiché.

Sans bien me l’avouer, n’ai-je envie jamais eu
D’émouvoir un instant la plume ou le pinceau,
Qu’une autre main douée prendrait à mon insu
Et d’un recoin distant, marquerait tel un sceau…

Frustré, l’homme en artiste, au fond l’est plus encore
À signer portraitiste en se rêvant modèle,
À certifier le beau sans paraître au décor,
Adoubé d’un flambeau qui se voudrait chandelle.

Ô, trahison du mythe ou d’un nom désuet,
Te vois-je ainsi, débat d’un soir évacué,
Me soumettre, insolite encore, une inversion :
Croquer après l’ébat, ma cambrure en torsion.

M’étreint l’humilité, grandit l’enjeu soudain…
Si l’œuvre éclot ratée, nu séant, je m’accuse.
Honneur étant, mon corps en pâlit néanmoins,
Qu’on lui voue cet accord au masculin de « muse ».

(Crédit photo : © Arkadie – 2010)

Le Cri de Munch, en flegmatique.

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Défilés de « moi, je » rétifs à l’ordre,
En vos rangs dissociés n’ai-je élu place.
À n’épouser l’enjeu commun des hordes,
Au flanc des sociétés la guerre est lasse.

Impressions futuristes abondent autour,
Étreignent à coup d’effroi mon nerf optique.
En dresser l’ample liste au bout du jour,
Rendrait esprit dix fois plus névrotique.

Ici vois-je un passant clamer sa vie,
Si c’en est une, à l’entrée de sa paume ;
Et d’un volume à cent, lointain, l’ami.e
Haut-parlant son mélo, plie au symptôme.

Dans ce café tranquille erre une enfant,
Vaquant de table en table, importunées ;
N’intervient parent qui le lui défende,
Eux la trouvant « sociable » abandonnée…

Un siège en extérieur et verre aux lèvres,
Au gré d’un pouce aimant l’info ciblée,
Venue de rentrer l’heure, ils portent, fière,
À son premier paiement l’enfant CB.

On s’affranchit d’un « bip » ou d’un pointage,
Et s’en réduit l’humaine interaction
Dans l’océan débit de nos partages,
Au seuil où l’imprévu n’ose effraction.

L’accès à vie courante est sous contrôle,
Un matricode enferme à quitte ou double,
Entre vues différentes et ceintes en pôles,
On dessine un long terme à vision trouble.

Or accusant tous deux même horizon,
Varie pourtant l’affection du visage,
À comparer l’anxieux d’inclinaison,
Face au taiseux d’un flegme en tout usage.

Ainsi je m’aperçois d’un blanc reflet,
Combien ce ton sérieux jure, en vitrine,
Avec un autre soi, tenu secret,
L’air affligé d’un pieu dans sa poitrine.

Aux œuvres de l’absurde un vent m’expose ;
Et n’arrondit ma bouche autre mimique
_ À défaut taciturne étant sa pose,
Que ce tableau de Munch, en flegmatique.

Innocemment promise à ma rencontre,
Opère une insidieuse aliénation ;
Sous l’oripeau des crises, aimant se fondre
En règles à tendancieuse imprécation.

Complice en dévoiement des libertés,
Qui prête à son abus d’un champ commun,
L’aplomb du sentiment d’illimité,
Que notre époque infuse au genre humain.

Spatiale, ou bien sonore et visuelle,
L’invasion du mépris vaut réciproque.
On travestit nos torts en rituels,
Et s’indigne à grand bruit que l’on suffoque.

Inattentif à l’autre, ombre en ces rues,
L’inconscient ne craint plus de méconnaître
Où le « bon droit » se vautre en choix intrus,
Tant que veille, à sa vue, prévenant être.

Et d’ensemble un tableau se décompose…
Inquiet, n’ai-je autre moue plus emphatique,
À l’orée des fléaux qui s’interposent,
Hormis ce cri de Munch, en lunatique.

Où mes yeux voient démence, eux l’accoutument…
Mais n’en vient à ma bouche un « oh » tragique.
Et non que ce tourment fût d’un coup tu,
Je suis le cri de Munch en flegmatique.

Ton flair darwinien (m’aurait-il désigné par erreur ?)

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S’il te revient de choisir un plus fort, un maillon résistant,
Toi, seule à enfanter depuis la nuit des temps.
S’il te revient de corps, et mieux, d’assentiment,
La perpétuation des gènes en tout assortiment…

Si reste tien l’irréversible effort, ô combien méritant,
D’offrir à l’être humain ce chainon persistant,
Que t’appartient d’abord, à cœur ou par instinct,
De reproduire un spécimen, au prix d’autres destins.

M’en voudras-tu d’interroger alors, en ce ton révolu,
Ce qui me vaut peut-être à tort un certain dévolu ?
Mon horizon tracé contre sens à l’histoire,
Et n’ouvre aucun accès, juste un échappatoire…

…Il semble étrange au vu d’un tel accord entre nos phéromones,
Ainsi qu’on pût douter encore _ et ta peau me pardonne ;
En reste pourtant clair, à juger d’aujourd’hui,
Que tu poses un mystère en anthropologie.

Me sachant fruit d’un genre à faible essor, en l’époque étranger,
Non cet augure à meilleur sort, élu père ou berger,
Dis-moi, sans remettre en question ce dévouement flatteur,
Indûment porter à caution l’élan de son auteure ;
Se pourrait-il au fond que tu me veuilles impair,
Si darwinien, ton flair, en ferait-il erreur ?

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Les gens veulent.

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Il leur faut des trottoirs où n’erre aucun obstacle,
Assène au coin du bar une intruse, agitée.
D’un enfant, l’impulsive expédie l’habitacle,
Afin que tourne en cycle un bruit d’hérédité.

Lui vient-il au bon sens inhérent, d’éviter
L’embarras qui l’offense à raison d’un virage ;
Ou peut-être d’un mot _ d’ordinaire usité,
Au client sis de dos, réclamer le passage… ?

Il leur faudrait pouvoir, en toute égalité,
Du moindre usage induire une ample faculté.
Certains, de s’émouvoir à première occasion,
Ne souffrant qu’insuffire entrave une inclusion.

Posons qu’être bien né ouvre à de plus grands cieux ;
Mais d’emblée si nos gênes entrainent un contentieux,
Jusqu’où peut-on rogner l’étalon d’un costume,
À tout destin qu’il vienne épouser l’amertume… ?

On réclame un présent lavé de son histoire ;
D’aucuns voudraient absents du marbre de leurs pères,
Le nom et la figure, emblèmes ostentatoires,
Que ces gisants impurs estampillent à notre ère.

Mais quelle œuvre incendier, qui promettre au néant ?
Sait-on comment dédier nos rues d’épreuve au temps ?
Hier éclate en vain, paré de blanc ou noir ;
Le panthéon survient d’où s’éteint la mémoire.

On désigne un coupable, un vraisemblant fautif.
Il n’est jamais pensable, empreint de son tourment,
Que l’instrument du tort soit notre esprit rétif,
Où s’échafaude encore un bas ressentiment.

Pour en arriver là, plusieurs ont dû faillir ;
Et l’encre du faux-pas recoupe assez d’empreintes,
À visée d’œil instruit, au point de rejaillir
En désunion des plaintes échues au temps qui suit.

Le peuple est un récit sans dénouement commun,
Chacun son territoire, ou qu’on en vienne aux mains.
Éprouver l’interstice entre deux libertés,
Nous laissait pourtant croire au vivre en société.

Désormais l’on se tranche au gré de chaque enjeu,
À ses voisins de branche on répond du même « je ».
Figurants d’un partage où l’entre-soi prévaut,
Celui de genre ou d’âge, de croyance et de peau.

Le peuple est un vestige, encombré d’orateurs
Exhumant son prestige, à défaut d’unité.
De s’en réclamer face à tout contradicteur,
Au signifiant de « classe », offre un champ limité.

Viser l’universel à portée d’horizon,
En l’étroit d’un regard éclairci de raison.
Qui veut pointer le ciel atténue ses lumières,
Évitons que s’égare un absolu trop fier…

Et d’irrespect urbain en cinglant désaccord,
Au ton d’un mot bénin, jusqu’à saignée des corps,
Est-ce un écrou fatal, au cadran d’une époque,
Infligeant que s’emballe un climat d’entrechocs ?

Le « peuple » ou « les gens » veulent, empressent à devenir.
Et l’après qu’on ne cueille, à terme il faut saisir.
Mais s’il advient que seul le fait d’être nation
Porte espoir ou orgueil, à nous la damnation.

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(Dessins originaux : © Franck Dudin)

La vie d’après (en tennis blanches).

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Je les observe du haut des marches,
De l’entrée sud, à contre-jour.
Rien ne m’imprègne en leur démarche
Qui porte un regard au détour.
Sinon peut-être un sot détail,
Dont je fais bientôt statistique ;
Tous à leurs pieds, divers en tailles,
Chaussant baskets à l’identique.

La vie « d’après » en tennis blanches,
Décontractée, à courtes manches…
Les conformés s’en vont de pair,
Chevilles à l’air, esprit étanche.

Un peu plus tard ensuite, au dos d’un contrebas
D’église, ouvrant pour fuite un horizon trop las,
Je demeure en posture sous le dernier rayon,
Ce qui me vaut bien sûr, d’un mendiant l’oraison.

Son visage embruni pointe un instant des leurs,
Mais l’oripeau vieilli, de près, n’offre aucun leurre.
Non qu’il fût S.D.F., juste d’un « bas quartier »,
Tenant, malgré sa Leffe, un verbe assez châtié.

« Monsieur, vous travaillez ? », surprend le quémandeur.
« Vous attendez une fille ? ». La veste, c’est trompeur.
Vouloir m’ensoleiller, sans paraître un badaud,
Agirait-ce en défi des canons sociétaux ?

Le jour d’après tel un dimanche,
Défile au creux des tennis blanches…
Regard cuivré sur idées claires,
Les bienheureux vaquent en streetwear.

Ils abondent en terrasse, semblant rentrés du front.
Reconstituent les masses, agréent qui se confond.
Au vin du renouveau, leur vue des temps s’écrit.
Nulle armée, ni fléau, ce droit n’aura proscrit.

Mais sous leur farniente, une assise au pouvoir…
De consommer en force, ils se font un devoir.
Quitte à grossir le trait d’un rite hexagonal,
Se plaire à « ne rien foutre », « on paie bien, c’est normal ».

Au soir d’après, l’incurie franche…
Honneur à terre, les masques flanchent.
Vois-les sabrer leur délivrance :
Qu’ont-ils à faire d’une autre chance ?

Ce qui déprave une ville, plus que l’architecture,
Ses trottoirs de déchets, ou l’afflux des voitures ;
Le vinaigre aux pupilles, jeté soir et matin,
_Devrait-on s’en cacher, provient du citadin.

Dépresseur ambulant, à vous gâcher la vue.
Anxiogène ou navrant, il indistingue les rues.
Qui l’a connue fantôme en convient, la cité,
Redevient monochrome, à forte densité.

Poindraient-ils moins nombreux, plus singularisés,
Saurais-je alors, au mieux, m’en familiariser ?
En l’état je m’adonne à méandrer hors-piste,
Quand plus rien ne détonne, du natif au touriste.

Mais le champ se restreint, exhorte à vivre clos,
Partout l’inopportun vous désigne un de trop.
Privé d’intime espace, l’urbain se veut pratique :
« Il nous reste une table », près des W-C publics.

L’été d’après en sneakers blanches…
Automne-hiver, est-ce bien étanche ?
Sur un pavé trempé d’amer,
À pied contraire, on bat revanche.

                                                   (Illustrations originales : © Franck Dudin)

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Dieu ne saurait permettre…

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Dieu ne saurait permettre à l’homme en son royaume,
L’impensé de commettre une fission de l’atome.
Qu’un malheur en puissance échappe aux lois physiques,
Irait à contre-sens du principe anthropique.

Dieu ne saurait permettre un semblant de chaos,
Savants, autant que prêtres, en appellent au crédo.
Je nous sais désireux d’empreindre au champ d’honneur
Des bosses, plus que des creux, un neutron en plein cœur.

Dieu ne saurait prétendre à jouer cartes ou dés.
L’esprit, à s’y méprendre, entends élucider
L’abscons de l’univers, en son immensité.
Du hasard, il espère tirer nécessité.

Dieu ne saurait vouloir qu’on déroge à son œuvre.
Jusqu’où peut-on savoir, sans fausser la manœuvre ?
Nous n’aurons qu’à choisir l’altération du gêne,
Le champ du devenir s’étend à perte humaine.

« Dieu ne saurait permettre », intervient le chercheur,
Par-dessus l’éprouvette, en marge, afflue l’erreur.
Mais tenant tête aux cieux, je nous vois pactiser
Avec des temps radieux, offrant table rasée.

Dieu ne saurait permettre, à l’humain autonome,
L’enfer au point de naître en l’éclat d’un atome,
Qu’un mal exponentiel échappe à son verdict…
On peut douter du ciel, pas des lois qu’il édicte.